ÊTES VOUS FRANC MAÇON ?

MES FRÈRES ME RECONNAISSENT POUR TEL…

Cela évoque  tout  d’abord l’impossibilité de  juger par soi-même.  En effet,   « être Maçon » n’est pas un état figé. Cela ne peut  se  traduire ou plutôt  se définir qu’en termes de désir et de devenir.  Et cette notion de désir et de devenir ne peut  être vraiment mise en valeur que par le  jugement ou plus  exactement l’appréciation d’une communauté.  Et qui plus est,   ce n’est pas n’importe quelle  communauté qui  juge,  mais une communauté fraternelle.  Envisageons d’abord l’idée de communauté.  Elle est l’édifice.   C’est donc l’édifice qui nous reconnaîtra comme Maçon.  Et ce n’est que lorsque la cathédrale  sera achevée que l’on pourra nous reconnaître comme  constructeur.

En effet,   si  nous somme une pierre,   nous n’aurons  d’importance que par rapport à l’édifice auquel  nous devons  nous intégrer, c’est à dire par rapport à la communauté maçonnique.  La construction de cette  cathédrale collective n’est que le prétexte, le  symbole de la recherche spirituelle à laquelle nous nous vouons.

Pour effectuer cette quête  spirituelle,  il y a. plusieurs voies possibles  et, parmi elles,  il y a  la voie mystique ou la voie maçonnique, La voie mystique  est une  expérience individuelle difficile à transmettre,   comme  toutes les  expériences de ce type.  Prenons l’exemple  d’un ermite  solitaire ;   il pourra détenir tous les secrets vitaux,   connaître tous les  concepts primordiaux,   s’il ne les  communique pas à un disciple,  il n’aura réalisé qu’une œuvre imparfaite,   car,   sans  transmission,  l’idée meurt.  De même un artisan qui ne dévoile à aucun apprenti les  secrets de  son art fait une  œuvre  stérile,   sans  lendemain.   La voie maçonnique,   au contraire,   est un échange continuel,  une mise à l’épreuve permanente.  Il y a donc  transmission dans l’échange.

A partir du moment  où nous nous  sommes mis à. L’épreuve,  la communauté peut  témoigner de notre état par l’intermédiaire de la fraternité.  Tout  travail personnel n’est valable que s’il  s’inscrit dans une fraternité-.  Dans la voie maçonnique,   grâce à elle,  il y a complémentarité  et gain pour le Soi : c’est le principe du prisme.  Ce qui nous lie dans cette fraternité maçonnique, est une notion opérative,  la construction de la cathédrale. Pour mener à bien cette tâche,  nous devons être en résonance  spirituelle. et travailler ensemble vers le même.but.  Nous  tenterons d’arriver à l’accomplissement, de notre  soi  à travers une recherche  spirituelle  continuelle qui  se déroulera au  sein de notre  communauté,  l’important n’étant pas de  terminer l’édifice,  mais  de parcourir le chemin qui nous conduit vers un idéal de devenir. Les cathédrales ne sont-elles pas toutes inachevées par nature ? Afin d’éviter toute  erreur qui ruinerait à la base-notre recherche,   considérons le  concept de fraternité» Quand on lit le poème de Job,   on voit que Job  est un homme, sage  et que  ses amis ne veulent pas le reconnaître comme  être de  sagesse.   Cependant,   Job ne les  juge pas,   et on peut lire à. la fin du texte   »  Que Dieu lui reconnaisse  ses qualités  et lui rende  ses biens ».  Il n’est donc pas  sur que nos Frères nous reconnaissent comme Maçon.  C’est ici que  se dresse le problème de la fraternité.   On peut  être frère en affectivité sans  être frère  en spiritualité,  alors qu’être frère  en spiritualité  implique la fraternité  effective.   Si les  amis  de Job avaient été ses  frères  en spiritualité,  ils auraient reconnu Job comme un homme  sage.   Ceux qui nous reconnaissent; comme Maçon sont frères  en spiritualité,   c’est à dire issus d’un même Père   :   Dieu.  Il y a alors  création,  puisque nous sommes des  créatures  de Dieu.   Si nous vivons à son image,   et si nous  agissons  en suivant, sa pensée,  nos  frères  en création peuvent alors nous reconnaître pour tel.

 » Mes  frères me reconnaissent pour tel  « .  N’est-ce pas aussi la manifestation éclatante de l’humilité ? Avant d’aller plus loin,  il faut bien différencier l’humilité  de la modestie,   La modestie  est bien  souvent l’expression de la vanité,  alors que l’humilité  est l’art de vivre ce qui est juste  et ce qui  est vrai.  Vivre une vie humble  est vivre une vie  juste.  Si nous  sommes Fils de Dieu,   chacun de nous devient créateur;  mais nous ne pouvons mettre notre propre création n’importe où.   Seule la communauté peut  dire où la pierre taillée peut  être placée.  Chacun crée,  mais dans l’œuvre commune,  il  faut avoir l’humilité de  sa place  et de  sa fonction. Les grands  créateurs n’ont  jamais signé.  Un jugement de valeur est dépourvu d’intérêt,  la pierre de fondation ayant autant d’importance que la pierre  croche. Ce qui  compte,   c’est la Cathédrale  construite avec des murs  sans limites,   ou plutôt des anti-murs arrivant  sur l’absolu.  En fait,   c’est dans le  conscient  cosmique  collectif que réside notre richesse;   c’est la participation à la création qui  fait de nous des  créateurs. Nous ne  sommes pas un fragment mais absolu potentiel.  Si nous prétendons,  en tant qu’hommes limités,  approcher cette  totalité,  nous aurons une vision limitée  et unilatérale des  choses, ce qui  est  sans intérêt.  Par contre,  la référence vraie  est l’ensemble des points de vue différents.  Nous  sommes des pierres  en vrac,   et  ce n’est pas le groupe qui  est  vivant,  mais la Fraternité dans la totalité de l’univers.  Pour arriver à rendre harmonique l’ensemble des points de vue,  il  faudra que notre formulation soit aussi pure  et  compréhensible que les épures du Moyen Age, Alors intervient le don des langues.  Notre formulation devrait  être  comprise par tous,  à différents degrés,   et  surtout par tous ceux qui  auront le désir de comprendre.   Sans  formulation,  il n’y aura pas de désir  spirituel. On ne pourra donc pas  travailler pour soi,  mais pour l’Œuvre, pour celui qui l’a conçue.  Pour nous,  la formulation sera matière première,  pierre philosophale de la transmutation.

Pour conclure,  pensons  selon la « ternarité »,   et  examinons  cette phrase:   « Mes frères me reconnaissent pour tel« , sous  trois aspects

Il y aura les frères formels qui nous reconnaîtront maçons à travers la Loge. il y aura, les frères affectifs qui nous reconnaîtront maçons parce qu’ils ont le même but ou plutôt la même bonne volonté de devenir. Enfin,  il y aura, les frères qui nous reconnaîtront maçon, parce qu’ils  sont nos frères  en spiritualité.

Quelle  est la reconnaissance la plus importante, ou plutôt quelle  est pour chacun de nous la reconnaissance la plus vitale ?

Geo.  Dar.

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