La FRANC-MACONNERIE AU QUOTIDIEN

La Franc- Maçonnerie vécue au quotidien.
La F∴M∴ nous apprend à vaincre nos passions et soumettre nos volontés pour devenir de meilleurs hommes, et contribuer à notre échelle personnelle, à améliorer l’humanité. Nous avons en chacun de nous une part de bien et de mal. Mais comme le GADLU nous a donné le libre arbitre, nous pouvons décider de mener notre vie du mieux possible en fonction de choix moraux et éthiques.
Notre art nous enseigne l’amour fraternel, la recherche de la Vérité, ainsi que l’application de la Justice ; vertus qu’il nous appartient de mettre en œuvre également en dehors de la loge. C’est ainsi que les maçons du monde entier, qui ne représentent qu’une infime partie de la population mondiale, peuvent néanmoins servir de « catalyseur » afin d’élever le temple de l’humanité.
Le Franc-maçon est également ami du riche et du pauvre s’ils sont vertueux et la F∴M∴ est universelle. L’amour fraternel doit donc s’appliquer aussi vis-à-vis des profanes, en tenant compte des conditions dans lesquelles nous fûmes initiés: « dépourvus de tous métaux ». C’est-à-dire, que notre amour doit être offert à toute personne, quel que soit sa condition, sa race, sa couleur, sa religion. La vraie richesse est intérieure et non pas matérielle.
Être franc-maçon, c’est appliquer cet amour fraternel dans notre vie quotidienne, en cherchant à créer des liens d’amitié entre personnes qui sans nous n’auraient eu aucune raison de se rapprocher. C’est donner l’exemple en utilisant la lumière reçue lors de notre initiation pour dépasser nos préjugés, afin de rayonner et d’éclairer le monde par notre amour offert sans condition, et permettre à des gens d’horizons différents de travailler ensemble pour construire un monde meilleur. C’est aussi montrer l’exemple en sachant recevoir l’amour des autres, afin de pouvoir le rendre au centuple.
Cet amour fraternel se retrouve aussi dans l’exercice de la charité qui nous est proposé dès notre entrée en maçonnerie. La « charité » vient du latin « caritas » qui en théologie chrétienne signifie l’amour de Dieu et du prochain. Cependant, il est intéressant de noter qu’en hébreux, charité, qui se dit « Tsedaka », a la même racine que le mot « justice ». Et la justice est une des qualités essentielles enseignées par la F∴M∴, qui permet notamment de traiter équitablement les hommes et les femmes sans distinction vis-à-vis de leur rang, richesse ou honneurs que la vie leurs a apportés. Cela est une pré-condition à la liberté et la démocratie dans une société humaine.
La F∴M∴nous apprend donc à aider les gens dans le besoin, non seulement parce que nous les aimons, mais aussi parce que cela est juste.
Cela n’est pas seulement l’apanage des francs-maçons car des profanes peuvent partager les mêmes vertus. Il nous vient par exemple à l’esprit, ce professeur de natation qui expliquait à ses collègues que les enfants qui nous rebutent le plus, soit par leur attitude ou leur aspect physique, sont souvent ceux qui ont le plus besoin d’amour. Il faut donc dépasser sa première aversion pour encore plus donner, partager et aider à leur épanouissement. Il s’agit bien là d’une attitude maçonnique d’un profane ; cependant nous pensons que le franc-maçon bénéficie en plus, d’un niveau de conscience différent qui lui permet de rechercher activement ce genre d’occasions.
La F∴M∴ en effet, permet de se rendre compte de nos faiblesses et nous aide aussi à mieux verbaliser nos propres besoins, ainsi que ceux des autres. Le nouvel initié en particulier, doit avoir la liberté d’être lui-même et de prendre conscience avec l’aide des ses nouveaux FF∴, des choses qu’il doit améliorer. Le second surveillant joue un rôle primordial à ce sujet, laissant toute liberté aux jeunes AA∴ de s’exprimer pendant les séances d’instruction. Mais c’est aussi le rôle de tous les MM∴, de faire en sorte que les plus jeunes ouvriers se sentent bien dans leur L∴
Nous sommes aussi entré en maçonnerie parce que nous étions à la recherche de la vérité. Les gens qui recherchent et qui osent dire la vérité sont souvent considérés comme embêtants voir impopulaires. Poser les bonnes questions peut même être dangereux ; de nombreux journalistes en meurent tous les jours. Néanmoins, cette recherche continuelle de la vérité devient essentielle dans une société où la liberté individuelle est de plus en plus menacée par l’emprise technologique qui permet de contrôler chacun de nos actes ou paroles. Rechercher la vérité c’est avant tout, se poser les bonnes questions, et pour cela être sceptique face aux idées toute faites, y compris et surtout les nôtres ! Il faut éviter d’asséner nos propres vérités et laisser la porte ouverte aux avis différents. Ainsi le débat sera mieux accepté par tous.
Mais cela ne veut pas dire accepter tout et n’importe quoi sous prétexte de tolérance. La tolérance nous porte à essayer de comprendre les motifs inhérents aux comportements de nos FF∴ et de les accepter avec leurs différences. Mais il est aussi tout à fait normal de n’être pas toujours d’accord. Notre tolérance ne doit pas devenir une excuse pour se mettre en retrait et cautionner sous couvert de la fraternité, des actions répréhensibles. La fraternité se mérite et celui qui reçoit l’aide de ses FF∴ à un moment donné, doit pouvoir à son tour aider les autres quand il sera en position de le faire après s’être relevé de son épreuve.
La recherche de la vérité conjuguée au désir de justice et à la pratique quotidienne de l’amour fraternel doit permettre au maçon de rayonner dans la société profane en ne se contentant pas de réagir aux évènements, mais en jouant un rôle positif et actif dans sa communauté, sa ville, voire pour sa nation.
Cela peut aller simplement du volontariat dans des œuvres caritatives, comme nombre de nos FF∴ le vivent régulièrement, jusqu’au changement de vie radical comme l’engagement total dans la vie politique ou dans une voie spirituelle, voire ascétique, en passant par le désamorçage permanent et quotidien de toutes les relations conflictuelles (attaque verbale ou physique, lutte d’influence, etc.)
Alors que dans le mode profane, lors d’un conflit, nous tendons souvent à rester sur nos positions, cautionnant ainsi une relation de pouvoir, l’initié lui, devrait chercher à assouplir son point de vue et considérer celui de l’autre, afin de trouver le juste compromis, la voie du milieu. Notre attitude en loge devrait nous permettre de nous entraîner à cela et éviterai bien souvent les petites disputes qui quelquefois nous empêchent d’atteindre l’égrégore tellement apprécié de tous. Certains diront qu’il y a parfois un abîme entre l’idéal maçonnique et la réalité vécue au sein de nos LL∴, mais il en va de la responsabilité de chacun d’entre nous d’améliorer cet état de fait. C’est un cheminement difficile et c’est en nous rappelant pourquoi nous avons rejoint la F∴M∴ que nous pourrons, nous l’espérons, rechercher ensemble les bonnes solutions.
Dès le grade d’apprenti, l’initié reçoit la règle à 24 divisions, le ciseau et le maillet, pour lui donner le désir et la pensée de bien faire, ainsi que la volonté de les réaliser. Il doit dès lors être dans l’action et non dans la réaction, agir et ne pas subir, vivre pleinement et ne pas se
laisser porter par les évènements. Il n’est néanmoins pas toujours facile de vivre selon ces principes, surtout dans le monde du travail qui est de plus en plus compétitif et devient quelque fois presque inhumain. Comment agir pour protéger les plus faibles et faire respecter la dignité de chacun, tout en restant discret ? Être F∴M∴ c’est aussi l’occasion d’apprendre à perfectionner sa personnalité et son rayonnement dans des domaines rendant service tout au long de notre existence, aux autres et à nous-même.
C’est aussi apprendre la compassion face à la souffrance et œuvrer pour le bonheur de ses FF∴ par sa propre action quotidienne. Être franc-maçon, c’est appliquer au jour le jour, le code moral qui découle de la pratique maçonnique et développer son empathie.
Certes, la F∴M∴ est une institution apolitique et doit le rester. Néanmoins, les vertus qu’elle enseigne aux initiés sont révolutionnaires dans le sens où elles prônent la liberté, l’égalité et la fraternité. Rien n’empêche dès lors, le franc-maçon, en tant qu’homme libre et de bonnes mœurs, de s’engager personnellement pour combattre l’injustice et faire respecter la dignité humaine, tous les jours et dans chaque activité quotidienne. Notre F∴ Schoelcher par exemple, a été un modèle de cet engagement dans sa lutte pour l’abolition de l’esclavage.
En travaillant continuellement à dégrossir sa propre pierre brute pour lui donner la forme en rapport avec sa destination, nous pouvons, nous l’espérons, contribuer, chacun à sa manière et selon ses possibilités, à améliorer la vie quotidienne de nos frères et sœurs initiés ou non, et ainsi construire un monde meilleur pour nos enfants et pour nous-même.

De la part de la Loge Tolérance et Fraternité, à l’Orient de Genève.

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