DÉPLOYER NOS SENS DANS L’ESPACE-TEMPS

NOUS POUVONS DÉPLOYER NOS SENS
DANS L’ESPACE-TEMPS
par Marcel V. LOCQUIN

Préambule
Depuis 1917, si nous avons lu Albert Einstein et si nous acceptons toutes les conséquences de sa théorie féconde de la relativité, nous savons que dans l’espace-temps relativiste quadridimensionnel, « passé, présent et avenir sont simultanément présents ».

Un génial précurseur
C’est le mérite du Professeur Robert Desoille d’avoir découvert le premier, en 1922, les moyens d’y déployer notre conscience lucide en inventant, à des fins psychothé-rapeutiques, une technique qu’il nomma « le rêve éveillé dirigé ».
Utilisant cette technique, le psychothérapeute, fait revivre, dans le présent, à son patient, en rêve lucide, des épisodes de son passé à des fins de psycho-analyse réparatrice.

La méthode
Vers 1970, ayant eu connaissance des grandes lignes de la méthode de Desoille, je me suis attaché à la perfectionner pour en étendre les applications à l’exploration des espaces alors physiquement inaccessibles pour l’homme, puis celle de paysages du lointain passé de notre planète. Au bout de cinq ans de recherche et d’entraînement, je suis parvenu à développer une technique originale, dérivée de celle de Desoille, mais beaucoup plus performante, puisque permettant de transcender hors de mon corps physique, l’espace et le temps. Voici les grandes lignes de mon entraînement qui a duré cinq ans.

Le souvenir des rêves
Sachant que chaque nuit, je rêve comme tout le monde à plusieurs reprises, je me suis entraîné à me souvenir en détails des principaux rêves d’une nuit. Au début cela n’est pas facile, car, dès qu’on ouvre les yeux, les détails du rêve s’évanouissent. Pourquoi ? Parce que, bien qu’un rêve dure une vingtaine de minutes, en état de rêve le temps n’est pas présent. Nous explorons de multiples fois, souvent avec des variantes de détails, une même tranche d’espace-temps extraite de notre imaginal. Nous en avons la démonstration par le fait que, réveillé en sursaut par un événement inattendu lorsque nous rêvons, cet événement aléatoire extérieur est incorporé au rêve comme étant son aboutissement logique. Un rêve est, placé devant nous comme un « panorama » que nous pouvons parcourir avec les yeux dans de multiples sens. Un rêve est donc, à proprement parler, sans temps, mais non pas hors du temps. Si, au réveil, en ouvrant les yeux, il s’évanouit si vite, c’est parce que, pour se le raconter il faut, dans nos paroles y incorporer le temps puisque le fil de notre discours se déroule dans le temps. Pour bien se souvenir d’un rêve, avant d’ouvrir les yeux, retenons en les aspects saillants sous forme d’une suite de mots-clés notés au crayon sur un bloc sténo placé à portée de la main à la tête du lit. Pour ne pas perdre le crayon il est conseillé de le relier au bloc par une ficelle. Une fois les yeux ouverts on consulte ces mots pour les organiser en un récit cohérent où le temps est introduit naturellement, sans presque y penser.

Le rêve lucide
Il arrive plus ou moins souvent et spontanément que dans l’un de nos rêves nous soyons conscients de rêver. Nous ne pouvons pas parler de façon intelligible à autrui pour lui communiquer ce que nous vivons en rêve. Mais comme nous pouvons effectuer des contractions des muscles de notre main, si nous avons appris le morse, nous pouvons transmettre par ce code, à d’autres éveillés autour de nous, ce à quoi nous rêvons. L’expérience a été faite de multiples fois. Nous ne connaissons pas de technique pour déclencher à volonté un rêve lucide, mais nous avons constaté qu’une fois un premier rêve consciemment reconnu comme lucide, ceux-ci se produisent de plus en plus souvent.

Les grands rêves
Ce sont des rêves lucides spontanés qui apportent à chacun une solution inattendue au problème qui les préoccupe. Les plus connus sont les deux grands rêves de Descartes qui lui offrirent l’essentiel de ses découvertes mathématiques, celui de Niels Bohr qui lui permit de concevoir l’atome à l’image d’un système planétaire, celui de Kékulé qui lui donna la structure hexagonale du Benzène, celui d’Einstein qui se vit chevauchant un photon pour observer l’univers, ceux de nombreux musiciens qui entendirent en rêve lucide le thèmes d’une de leurs œuvres comme Berlioz qui rêva en une nuit sa « Symphonie fantastique » ou celui de Tartini qui entendit en rêve son « Trille du Diable ». Enfin le plus spectaculaire de tous fut celui de Dante Alighieri qui vécut en rêve le contenu de sa « Divine Comédie », œuvre qu’il mit ensuite toute sa vie à écrire.
Le pilotage volontaire des rêves lucide
Il nous arrive spontanément au cours d’un rêve de vingt minutes de changer plu-sieurs fois les détails, voire le cours général même du rêve. Lorsqu’on est en état de rêve lucide on peut utiliser cette possibilité volontairement et décider de re-rêver autrement une séquence qui ne nous satisfait pas, voire de changer complètement le cours d’un rêve ou sa conclusion. L’entrainement de cette faculté fait franchir une étape essentielle qui permet ensuite d’accéder au rêve éveillé auto dirigé.

Le rêve pré lucide
Une fois l’étape précédente franchie, on peut décider, avant de s’endormir, du sujet principal d’un rêve à venir pendant la nuit. Viendra souvent pendant la nuit un rêve déclenché avant l’endormissement sur le thème choisi. Cette faculté est bien connue de certains mathématiciens comme Raymond Poincaré. Elle leur facilite notamment la résolution de problèmes difficiles. Au réveil ils reconstruisent le fil directeur qui leur a été donné par leur rêve.

Le rêve éveillé
On peut alors décider, par le seul désir, d’abolir la frontière bien ténue entre l’état de rêve lucide et l’état de veille lucide, d’abord au réveil, en décidant, sans ouvrir les yeux, de prolonger lucidement ce à quoi on est en train de rêver, puis, avant l’endormissement, en décidant d’entrer de plain-pied dans notre imaginal, autrement dit d’être en état continu de rêve lucide éveillé. Cet état se distingue du rêve lucide par le fait que l’on peut alors décrire à autrui, en temps réel et par la parole ce à quoi on rêve. C’est pour bien faire la distinction avec le « voyage astral » que je refuse de pratiquer, que je préfère utiliser le qualificatif de »voyage mental« , de préférence à rêve éveillé. En effet, dans le voyage astral, le corps physique est en état de vie quasi suspendue et ne peut communiquer en temps réel avec autrui. De plus il est possible qu’on n’en revienne jamais, si on se sent mieux ailleurs. Cela conduit certes à une mort douce, mais pas toujours préprogrammée.

Le voyage mental
C’est un rêve éveillé auto dirigé, autrement dit un rêve lucide et conscient dont on peut piloter le cours et que l’on peut décrire en paroles et en temps réel à un partenaire éveillé. Une fois abolies les frontières entre état de veille et état de rêve, étant lucide et éveillé, on peut décider par le désir et non par la volonté, de se rendre dans l’espace ou dans le temps en tout lieu préprogrammé. Pour l’entraînement je conseille de choisir sur le plan d’une grande ville une rue où on ne s’est jamais encore rendu, de s’y rendre en voyage mental, d’y observer des endroits caractéristiques comme une façade baroque ou une fontaine curieuse, d’enregistrer en temps réel ce que l’on perçoit sur un magnétophone, puis, le lendemain de s’y rendre physiquement pour vérifier que ce que l’on a perçu est bien réel. Lorsque l’on rapporte plus de huit fois sur dix des informations correctes on peut parcourir la portion de l’univers qui nous intéresse, en prenant soin de n’explorer que ce que l’on peut localiser et dater au préalable et ce sur quoi on a suffisamment d’informations motivantes pour en tirer parti.

L’exploration spatiale
C’est la plus facile à faire dans le présent. C’est celle que je viens de décrire pour l’entrainement en explorant les rues d’une ville, mais étendue aux espaces plus lointains, comme le fond des océans ou les anneaux de Saturne. C’est ainsi que j’ai pu déceler, six ans avant la première sonde « Voyager », une particularité du comportement des blocs de glace sale qui les constituent, qui tournent autour de la planète centrale comme étant liés entre eux par des liens invisibles. Autrement dit il n’y a pas de rotation différentielle entre les blocs situés aux bords intérieurs et extérieurs de l’anneau. On constate aussi avec stupéfaction que l’on peut changer d’échelle très facilement et passer de la vue d’ensemble à une vue de détail. Tout se passe comme si l’espace se pliait à notre désir. Mais il y a une contrainte forte, on ne peut jamais toucher ce qu’on observe car il y a comme une distance limite d’approche infranchissable.

L’exploration rétro-temporelle
Le désir motivé nous entraîne aussi à voyager dans le temps. Lorsque j’ai étudié les champignons fossiles unicellulaires de 1 à 2mm de longueur, vivant dans les mers du Paléozoïque il y a environ 300 millions d’années, je leur ai rendu visite pour connaître leur mode de reproduction alors inconnu. J’ai vu en voyage mental un mâle nain parasite sur le corps de la femelle, émettant de gamètes qui allaient perforer le corps de celle-ci pour la féconder. Il s’agissait d’une fécondation dite traumatique, qui existe encore à l’heure actuelle chez des punaises.
Pour vérifier ce que j’avais vu, j’ai dégagé ces fossiles conservés à l’état organique par dissolution acide de la roche, je les ai inclus dans une résine, puis usés et polis pour examiner au microscope par épi fluorescence les reste de cytoplasme encore présents à l’intérieur. J’ai confirmé la pénétration du gamète mâle dont la fluorescence était différente de celle du corps femelle.

L’indescriptible futur
Voyager dans le futur est aussi facile que dans le passé, mais, après l’avoir expérimenté, je me l’interdis pour deux raisons: en premier lieu parce que les images qu’on en rapporte sont aussi in interprétables qu’auraient pu l’être celles prises dans une station de métro pour un courtisant de la cour de Louis XIV, en second lieu parce qu’il y a plusieurs futurs possibles. On n’est donc jamais sûr que ce soit ce que l’on perçoit qui se réalisera.

Marcel V. LOCQUIN.

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