LA SAGESSE

La sagesse est un des sujets parmi les plus vastes qui soit… Étant  pour ma part bien loin d’être sage, raison de plus pour avoir voulu y travailler. Vous voyez je croyais que je ne l’étais pas !Ce n’est pas une mince affaire que d’aller à l’essentiel pour ce sujet. Je vais pourtant m’y risquer. Pour moi, la sagesse est essentielle dans la recherche de vérité.

Je n’aborderais pas ici ni la notion du bien et du mal ni celle d’une quelconque définition de cette vérité recherchée. Ce sont  autant de sujets remplis de subjectivité, qui demandent à eux seuls de larges développements : Ce qui est le bien pour l’un n’est pas forcément le bien pour un autre. Il y a une notion innée du bien et du mal et il y a aussi l’acquit dépendant du milieu environnant et de l’éducation. L’on dira souvent : « à chacun sa vérité » et le doute en est l’outil principal, mais d’autres sont intimement convaincus d’une vérité universelle ! Ces recherches sont autant de sentiers vers la sagesse.

La sagesse est le but de la philosophie. Du grec : philos, amoureux et de Sophia la sagesse. Elle unie la connaissance théorique à la réalisation d’un idéal pratique : le sage se distingue du savant dans la mesure où il vit sa doctrine et où sa vie constitue en elle-même une réalisation et un témoignage de ce qui a de vrai dans le réel.

L’ecclésiaste dit : « La sagesse vaut autant qu’un héritage, et même plus, que pour ceux qui voient le soleil. Car, à l’ombre de la sagesse, on est abrité comme à l’ombre de l’argent ; Mais un avantage sur la science, c’est que la sagesse fait vivre ceux qui la possèdent. »

Dans l’antiquité, la doctrine stoïcienne était pour le sage de vivre en harmonie avec le monde. Toutes les lois du cosmos (de l’univers) se répercutaient en lui. Pour l’imagination antique, le sage était d’abord celui qui contemple le ciel étoilé et qui éprouve le sentiment profond de l’ordre et de la rationalité des choses.

En un sens plus moderne, la sagesse est de vivre en harmonie avec l’humanité. Elle est une étique de vie, qui s’évertue à la pratique de la morale. Son apprentissage est une porte d’accès à la beauté de l’âme. Elle fait appel à la tempérance, ou modération des désirs. Elle s’oppose à la passion autant qu’à la bêtise. C’est une notion qui désigne l’équilibre de la personnalité.

L’homme est le seul être vivant qui a juste assez de conscience pour éprouver, désirer, vouloir et se rendre compte que « tout ce qu’il sait c’est qu’il ne sait rien », puisque l’essentiel lui échappe. L’essentiel ? C’est peut-être tout simplement la Vie.

Il vit, mais ne sait pas ce qu’est la Vie.
Il pense, mais ne sait pas ce qu’est l’esprit.
Il existe dans le monde, mais n’en connaît ni l’origine ni la fin.
Il naît et meurt sans l’avoir voulu.
Il ne lui reste, tout compte fait, que « l’ici et le maintenant ». Carpe-diem.

A première vue, tout paraît clair. Tout paraît toujours clair à première vue et pourtant, qui ne s’est jamais posé la question :

« Qu’est-ce donc que ce monde, et qu’y venons nous faire ? » Et voilà que l’homme, partie infime de ce grand Tout, dans sa soif et sa faim de nourritures pas seulement terrestres, se retrouve seul, seul sujet au milieu d’un monde d’objets. Lui, l’unique spectateur… Et il s’élève alors en lui une soif à la mesure de ses questions, une soif de la connaissance, sans cesse avivée par la difficulté, voire l’impossibilité, à trouver des réponses. Le voilà « embarqué », dès sa naissance, dans une aventure à courir, au risque de se perdre. Mais peut-on se perdre dans cet infini qui lui apporte, qui l’emporte mais, de toutes façons, le porte ?…

Je ne sais pas d’où je viens, mais je suis là, je ne sais pas où je vais mais j’y cours !
En regard de ceux qui passent leur vie à accumuler des richesses matérielles et passent leur temps à compter ce qu’ils ont, d’autres leur préfèreront la gloire et le rang. Tous ceux là  verraient peut-être différemment leur vie s’ils regardaient ce qu’ils sont ! Le bonheur de la vie, souvent, se trouve là tout près au fond de soi dans la richesse intérieur.

Au risque de faire de la redite classique  : Nous comprenons que, méditant cette pensée inscrite sur le fronton du temple de Delphes: « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux », Socrate ait préféré centrer sa réflexion sur notre intériorité: « Connais-toi toi-même » puisque c’est en nous que se fait le contact avec le monde, puisque c’est dans notre corps, notre cœur et notre esprit, que s’éveille, se nourrit et se fortifie l’espoir de donner un sens à notre existence, de tenter d’accéder au bonheur, à une libération et de découvrir une présence à l’intérieur de nous même. Voir d’envisager la réintégration au sein de notre origine au sein du premier sage, le créateur.

La sagesse est la notion qui permet la création. Elle est tellement condensée qu’elle ne peut être comprise dans son essence, car elle vient réellement de nulle part. Elle incarne l’état ultime avant la fusion total avec la divinité, la conscience cosmique.

Un auteur philosophe juif Moïse Maimonide (*)   écrit que le plus haut niveau de la sagesse que puisse atteindre un homme est de comprendre l’unité de Dieu.

Elle fait partie des trois  facultés intellectuelles de l’homme : elle est à l’origine de l’intelligence, la compréhension et la connaissance. La sagesse est la première action créatrice de la divinité, elle correspond au savoir intuitif et cognitif, à la vision première qui précède la compréhension profonde.

La sagesse aurait deux interprétations : Selon les uns elle est l’instrument de la création duquel tout découle et de ce fait elle  donne la vie à celui qui la possède  » (Proverbes 7,12). Selon les autres, la Création se trouve déjà dans la sagesse qui porte en elle les différentes potentialités qui se développeront par la suite dans le monde créé.

Les activités du démiurge peuvent être pensées, analysées jusqu’à un certain point ; au-delà de ce point le discernement intellectuel est impossible.

La peinture, la sculpture, la musique, l’écriture, sont des techniques logiques qui peuvent être enseignées et expliquées. Cependant, quand un artiste vient à en parler, peut-il expliquer comment lui viennent ses idées créatrices ? NON ! Il peut évoquer des écoles de pensées mais la créativité ne peut pas être expliquée par la logique !

La Pensée Créatrice est un processus qui ne vient de nulle part en apparence sinon centre de l’être. C’est l’éclair d’inspiration ; le dit éclair n’étant pas encore assimilable par l’esprit ! Cette inspiration pour autant qu’elle soit intégrable ensuite, serait donc celle qui pousse l’homme à se dépasser. Elle se trouverait à l’intérieure au plus profond de l’être,  là ou se trouve la porte d’accès du génie humain, là où se trouve la lumière tant recherchée ? Qui ne peut s’acquérir sans la sagesse.

Saint augustin nous dit ceci «  c’est par la participation à la lumière divine que l’esprit humain acquiert sa sagesse, reflet de ce divin que l’homme peut saisir au sein même de son âme. »

Il existerait donc des vérités éternelles qui nous seraient révélés par une lumière intérieure.

Devant la vie que nous avons à vivre, il est sage de vouloir vivre en accord avec elle. Vivre avec courage, intelligence et dévouement à l’œuvre de la vie, c’est pure sagesse et conduite conforme à la volonté du créateur telle qu’elle se manifeste à nous par l’intermédiaire de la vie. Il est de toute évidence que celle-ci construit, d’où l’on peut conclure humainement qu’elle se conforme à un plan attribuable à la divinité. Faut-il le craindre pour être sage ?

Tous les symboles de toutes les sociétés initiatiques – Bouddhisme, Rosicruciens  La Franc Maçonnerie   , ou les églises, tant chrétiennes que musulmane ou juives ne font elles pas allusion à la même transformation : celle d’un individu imparfait, en un humain véritable conscient de sa dignité et de sa responsabilité constructive ?

Georges Darmon.

(*)Voir ses autres ouvrages avec le lien.

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