ALLER RETOUR POUR LA MORT ?

Intervention de correspondant du 23 juin 2018

Bonjour les Zairmétistes,..

Hazrat Inayat Khan, fondateur du  »soufisme Universel »(1882-1927) souffla un jour le judicieux ceci qu’ « Il ne peut y avoir de renaissance sans nuit noire de l’âme, un total anéantissement donc de tout ce que vous avez cru et pensé que vous étiez. » ou de survoler en plus rapide, uoique dans la même profondeur ce que Cattiaux (1904-1953)semble également nous murmurer dans son Message retrouvé :  »Le blanc dans le noir, et le rouge dans le blanc, voilà qui est la création profonde »,.. appuyant finalement que la Dame Noire et endormie, pure et séparée de la Mort,la Lune blanche dès lors émergera de l’Ombre, alors que l’Astre rouge en sera lavé de ses tâches.

Ok, ca roule donc pour nous que l’Homme qualifié de moderne en considère ainsi voir parfois un peu trop rapidement selon mon humble avis, ce phénomène se voulant d’être en union et de manière omniprésente avec cette Dame sombre, ce afin d’en respirer davantage la Vie qui sait d’être en accord avec des hauts principes de l’S prit ou autres vertus du genre, et en outre de se forger un corps doté d’un mental étonnant dans une certaine sublimité quelques fois.

Car et certes, ces critères ne cesseront de grandir et s’affermir par la suite, confirmant sans nul doute un caractère bien trempé et relativement posé sur le Bien et Juste-faire pour Celle ou Celui qui en est dans cette approche.

Chaque Vie sur Terre est telle à la gelée ou rosée du matin, qui somme toute sont des faits, comme de nombreux autres par ailleurs, éphémères et sensibles en fragilité extrême.

La fleur du Cerisier (Sakura) symbole précieux aux guerriers Samouraï est assez significative de cet état spirituel sur la précarité quant à l’existence, pour ce qui donnerait en mode plus rapide ceci 世の中は三日見ぬ間の桜かな, voir dans sa romanisation Yo No Naka Ha MikKa MiNu Ma No Sakura KaNa ou sa traduction littérale qui en sera plus facile dans cette jolie amitié qui nous unit que ‘’le monde est comme le cerisier que l’on ne regarde pas 3 jours’’ avec ce clin d’oeil d’évidence que tel ce cerisier qui fleurit et se fane en quelques heures, le monde change à une vitesse folle.

Le fait demeure que toute vie est incertaine et temporaire malgré tout,et qu’elle se l’affirme d’autant plus, lorsque imprégnée d’une quelconque forme de réussite ou d’un aboutissement social, professionnel, statutaire…ou autres.

Bref, dans cette durée impartie se dissimule ainsi donc insidieusement et subtilement, via une certaine forme de frein à la juste nommée évolution spirituelle,.. L’effet étant assez subversif et paradoxal en soi.

Vulcain et Élie (Fulcanelli) en aurait souhaité ainsi se pencher sur l’abîme, d’en scruter la profondeur, d’y fouiller dans les ténèbres qui le comblent, le néant ainsi, nous instruisant, mais pas que non plus.

La naissance enseignant peu de chose, alors que la mort, d’où émerge la vie en fait, peut quand à elle tout nous révéler. Elle en détient les clefs du laboratoire géant de Dame Gaïa; elle seule délivrant l’S prit, emprisonné au centre du corps-matériel.

Cette étape se doit d’être un passage obligé dans un processus souhaité initiatique et en cette mesure où s’y enclenche une certaine prise de conscience sur l’authenticité, le Tao des origines en quelque sorte, indépendante de tout le reste….existant (pour les Chinois du moins) bien avant que les Om ne s’en emparent.

En outre,et pour une meilleure exactitude sur son sens précis, on ne peut le définir totalement sans une association au Yin et Yang, dont il n’en fait point une addition que davantage un phénomène régulateur de leur alternance, permettant ainsi la conservation d’un principe d’ordre.

Ce que les Alchimistes nomment la materiae prima doit ainsi et elle de même s’inscrire dans une  »mort » métaphore, une décomposition, une dissolution (Solve)….pour (re)naître sous sa véritable forme.

Ce Nigredo serait donc similaire à ce concept d’un trop souvent employé du  »lâcher prise » actuel,…et s’opposant à l’ego (Coagula) sur ce champs de bataille nommé Moi profond.

Partons en sur cet aspect de la chose, de prendre conscience ainsi bien simplement, que l’instant dans lequel Vous et Vos actions évoluez, pourrait en être subitement le dernier; et donc de faire très rapidement et souvent ce constat, d’afficher beaucoup plus d’attention et davantage de réception face à la vie dès lors.

Sachant maintenant au fond que ces instants en sont devenus suprêmes dans une préciosité ultime, d’aller embrasser parents et enfants, écouter un dernier morceau de musique, observer le lever de soleil avec plus d’intensité, savourer un verre de vin,…offrant vers ces moments, une autre saveur.

Aussi de résumé, que lorsque la Mort occupe votre esprit, vous en conservez cette perception inhérente à l’éphémère de façon permanente et jouissez davantage de la Vie. Paradoxe, certes mais O combien évolutif dans un itinéraire tel celui dont nous devons percevoir (percer et voir)les balises si justement placées sur le tracé.

Dans nos actions de tous les jours, nous en venons a ainsi oublier le sablier qui s’écoule et cette omniprésence de la finalité ultime, ainsi que cette attention portée aux événements et dimensions.

Le journal télévisé du soir ou l’information du voisinage, voir quelques clics sur les réseaux quand au trop rapide destin ou départ d’une certaine connaissance, nous ramenant, tel le vif éclair à la réalité.

Via cette insouciance découlent parfois les tensions et querelles inutiles ,des actions stériles et paroles accessoires, le « superflux »… pouvant même éventuellement vous amener a gaspiller cette précieuse vie dans l’inutile ,porter atteinte à votre réputation et celle de vos proches et nuire à votre entourage !

Toutes ces dérives sont ainsi donc issues de cette incapacité et insouciance a conserver l’idée de la mort omniprésente en cet esprit Vôtre, qui, lorsque celle-ci respirée pleinement, paroles et actes en possèdent une portée et un poids autre.

Une description sommaire du modus opérandi quand à une Voie dite initiatique cerne la mort telle forme de résurrection, il en est d’un schéma raccourcit, mais voulu au possible et plus que très souvent employé dans ces mêmes sociétés.

L’initiation étalée sur un plan, la plupart du temps linéaire dans le temps, peut ainsi se définir telle qu’en trois périodes bien spécifiques, majeures qui en demeurent sur l’avant, le pendant et l’après.

Et donc d’aller vers une acquisition d’un certain savoir, une mise en pratique ou action, et d’un gain de maîtrise Une certaine image apparaît quant à la réduction de la matière en poussière, voir en pourriture qui symbolise bien justement une destruction de l’ancienne nature et la renaissance d’un quelque chose de nouveau.

Car nous l’avions déjà abordé précédemment, il en est de la principale opération alchimique de la mort des corps et de la division des matières corrompues. Sous l’effet d’une chaleur entretenue délicatement et non brutale, qui en réduirait tout l’effort, le tout ainsi pourrit, avec temps et mesure.

Il y a un rythme pour chacune des choses ici-bas, même pour pourrir, c’est une grande leçon…que de l’entendre….et une plus grande encore de le comprendre et surtout l’accepter comme l’intégrer.

L’hymne à Apollon, nous rappelle cette scène où déchirée, par les souffrances et la douleur, la Bête en gisait au sol, poussant râles et rugissements, se roulant sur place,…avant que l’on entende une clameur inexplicable et prodigieuse….

Phoibos dit ainsi’’ maintenant, pourris en ici, sur la Terre nourricière des Hommes …..Ils en mangeront les fruits de ce sol’’

Lors d’un précédente écrit, il en était survolé très-trop rapidement ce dit laboratoire Féminin, avec ces principes en libération de Son Or pur (eau-air) et via l’ Athanor, d’une gestation précise en temps et à température douce comme constante dans un ballon-matrice,….le fœtus ayant déjà avant sa naissance sa propre conscience du monde qu’il va dès l’Or affronter.

Effectivement et via, la chaleur et l’humidité, les odeurs et sons, les goûts et autres mouvements,…il en  détient assez d’informations pour se représenter l’Univers dans lequel il va émerger d’ici peu.

Sa naissance peut ainsi se vivre telle une véritable initiation, et avec des degrés divers…ouvrant l’étroitesse du passage sur un monde radicalement différent que ce qu’Il a connu auparavant. Il y a une réelle rupture entre ce passé et ce qui va être..le processus est bel et bien en route.

Ainsi et dès lors, il se repose sur cet Univers fraîchement découvert et en accord avec tout ce qui Lui parvient à chaque instant…Il en fonctionne sur l’expérience sur ce qui est bien ,moins ou non.

Mais le plus délicat arrive maintenant, avec ce désaccord sur le modèle d’Unis vers construit quelque part dans son imagination sur ce qu’Il pensait  »voir ». L’instabilité en est à ce prix d’une phase préparatoire imbibée par les tensions, les tourments, les incompréhensions,….qui va ainsi exploser sous la pression de nouveaux éléments, souvent contradictoires. Les repères perdus dès lors, la zone est libre, vierge,… pour une reconstruction plus souple et apte à accueillir ce fameux Tout.

Certains vieux adeptes affirment qu’ils ne raisonnent pas du tout, ne calculent jamais, ne s’attachent ni au bruit ni à la forme, ne comparent rien n’établissent point ce qui est impur ou non, que sacré et profane, illusion et illumination sont Une seule et claire vacuité. Mais affirmer n’est ce point déjà contredire quelque part….?

Dans la grande lumière, rien comme phénomène…. Est une seconde vérité

De nos jours, et ce, dans chaque couche de la société moderne, les excès ne se comptent plus, tant dans le secteur de l’alimentaire, que de l’écologie, du social,…Les individus cèdent aux tentations et désirs au point de mettre leur intégrité plus que très souvent en danger.

En effet, ayant relégué la Mort au fin fond de leur esprit, et sans en prendre la juste conscience et valeur que ces terribles abus les entraînent inexorablement vers les abîmes les plus obscurs, ils mettent leurs organes internes via les pollutions atmosphériques, alimentaires, sonores,.. à l’épreuve, sans prendre véritablement attention au fait que le chemin de la maladie, l’infirmité ou de la mort prématurée se dessine lentement mais tellement sûrement !

Prendre soin de soi, n’est pas un facteur d’âge, me semble-t-il ; aussi rien n’empêche les adeptes à la Terre Noire de cohabiter avec cette idée et présence d’une finalité de Vie, afin d’y faire face au mieux possible, quand elle débouchera dans le virage inattendu.

Tout, dès lors, se place sur le contrôle…de nourriture, d’alcool, de ses instincts,.. Et la prudence habite dorénavant l’esprit et l’intelligence. Notre corps, fonctionnant maintenant en mode  »économique » sera en bonne santé et davantage performant dans sa longévité,’’élixiré’’ en quelque sorte ; n’est ce point de cette jouvence tant recherchée par certain(e)s ?

Cette approche de la Putréfaction passe donc via cette idée majeure à ne pas rester la proie de ses désirs, les plus tenaces soient-ils.

Aussi, quelle est donc cette méthode d’atteinte vers une cohabitation avec le sujet qu’est la Mort, et qui effraye tant de monde ?

Les Alchimistes n’étant pas des moines, ils ne stagnent nullement dans une attente, mais plutôt s’imprègnent dans une solution vers l’action et le geste.

Un accomplissement scrupuleux dans ce dernier, jour et nuit,…une recherche vers l’atteinte de la perfection ultime, l’absolu.

Respirer celui-ci afin ,un jour, d’être celui-ci même .L’atteinte sublime comme authentique n’est pas la fuite dans le geste, il ne faut surtout pas se méprendre ; car et même en inactivité il faut en demeurer intime avec la Faucheuse; elle ne doit pas faire peur, car inévitable certes, mais surtout connue, du temps de notre vivant…connaissance n’étant pas maîtrise.

Dans le  »Mystère de cathédrales » écrit par Canseliet Eugène en 1964,il s’y mentionne ceci que l’inéluctable nécessité de la putréfaction féconde, pour toute matière quelle que ce soit, afin que la vie s’y poursuive, sous la trompeuse apparence du néant et de la mort.

Or, dans cette approche et juste vision de la chose, il est à penser que les principes reliés au Haut savoir et à la conne essence, ne savent se rechercher dans la vie, car celle-ci nous habille et rayonne autour de nous, que dans la mort, cet invisible en lequel l’âme se libère entièrement dans le néant, ce dernier contenant le Tout, sanctuaire de vérité, asile pur et authentique….et écarté à jamais de ceux qui le méconnaissent et n’osent y faire face.

Cette mort  »délibérée » joue la jonction entre le monde matériel et celui qualifié de Divin ou autre trait lien entre la divinité et la nature…entre ce qui est et ce qui n’est plus, comme est assurément ce pourquoi elle se désire davantage par l’adepte, qui la perçoit telle davantage utile que nécessaire dans son évolution, dans ce qui est de la séparation, du nettoyage et de la purification…Elle en est de cet outil fort pour une renaissance de valeur à venir.

Cette intime et radicale dissolution est donc cette opération à réaliser avant toutes les autres.

Or et à nouveau, pour Celle ou Celui qui lit un peu plus loin, il est certain que tous les êtres, ainsi que notre Terre elle de même ne saurait s’échapper à cette loi à la dissolution… Tout étant déjà inscrit dans le grand livre au Tao.

Et de citer un passage de l’Écriture qui nous le certifie : Dans le bruit d’une effroyable tempête, le ciel et la terre passeront…ou cet autre Daniel, ch. VII, 25, et XII, 7. Apocal., ch. XII, 14., la Mort étendra sa domination sur les ruines du monde, sur les vestiges des civilisations anéanties. Et notre terre, après les convulsions d’une longue agonie, reprendra l’état confus du chaos originel. Et toutes choses seront couvertes de ténèbres et plongées dans le profond silence des sépulcres.

Ainsi et pour en revenir vers notre bébé, il est à savoir que le circuit initiatique va en suivre son cours et que d’autres initiations vont avoir lieu, toujours selon un schéma relativement similaire. Il devra un jour se déplacer et encoder les nouvelles données que sont les chutes notamment, ou les bobos,…), le manger et les choses dangereuses tels ces couteaux ou ces flammes, ces prises de courant,….

Tous ces enseignements vont suivre ainsi le parcours de sa vie… avec l’enfance ,l’adolescence, l’âge adulte, la maturité et la vieillesse…allant à chaque et maintes fois œuvrer sur le psychique, parfois le physique….mais toujours dans ces schémas dits mort-résurrection, assez souvent traumatisants en outre.

De Grands livres telle que la Bible dans son Nouveau Testament lancent un écho sur un changement à opérer sur le Soi, à faire mourir le vieil homme pour le remplacer par un nouveau transformé,…ou autre Jean le Baptiste qui en immergeait entièrement dans le Jourdain les fidèles…allant parfois jusqu’à les noyer, pour le voir  »revenir » transformés… excessif quand même ,le mec.

Le but de cette phase est d’amener tout adepte dans un état proche ou similaire à la mort, là à ce point, où, ego et corps sont perdus ou fondus et en abandonnent leur travail respectif….jouant sur le fait que lorsque le Sublime en a été touché du bout des doigts, on en renaît différemment. Bien certainement, actuellement, tout n’est que simulation et heureusement d’ailleurs…de ne jamais mettre l’adepte en danger. La mort désigne un fin absolue quand à quelque chose de vivant se devant de libérer des peines et des soucis, ouvrant un accès à l’S prit,….mors janua vitae, elle porte la Vie.

Via le changement profond et opéré en l’Homme. .il est dit que le profane doit mourir pour renaître à la vie supérieure que confère l’initiation et…que s’il ne meurt pas dans son état d’imperfection, il s’interdit dès lors tout progrès initiatique.

Elle est cette étape telle décriée par l’image du Pendu, offert et abandonné qui en reprend forces au contact de la Terre, et qui nous rappelle sans cesse qu’il faut aller plus loin encore….Qu’elle demeure la condition essence ciel même de la vie.

Merci et belle journée à Tous les T’es rien !

Marco Hyotte

 

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